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MOYENS D'ETUDE

DE LA

PROLIFERATION

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Observation clinique

La croissance de la tumeur constitue un facteur important pour la détermination du pronostic, de la sensibilité à la thérapeutique, et l'adaptation du traitement. Les cellules normales de l'organisme réagissent aussi en compensation de la perte cellulaire provoquée par les traitements (radiothérapie, chimiothérapie).

Le temps de doublement

La croissance tumorale peut être calculée en mesurant l'évolution du volume de la tumeur par rapport au temps. La méthode la plus simple consiste à mesurer deux (ou trois) diamètres perpendiculaires, en assumant que la tumeur a une forme ellipsoïdale.

Croissance_lineaire.gif (9099 octets)  Schéma de la croissance d’une tumeur cancéreuse.

Jusqu’à environ un diamètre de 1 – 2 cm,

aucune tumeur ne peut être décelé sauf si elle est superficielle ou accessible à un dépistage particulier.

Si on trace la courbe Volume/Temps, celle-ci a un aspect exponentiel pendant la plus grande partie de sa croissance. En courbe semi logarithmique, la croissance est représentée par une droite. Si on appelle Kp et KL le taux de prolifération et le taux de perte cellulaire, qui sont en général constants, le nombre de cellules N par rapport au temps est défini par l'équation :

N=Noexp[(Kp-Kl) t ]

En pratique, on utilise souvent le temps de doublement qui est constant pendant la phase de croissance exponentielle.

Le temps de doublement (TD)peut être défini par la formule

Td= (ln2) /(Kp-Kl)

Le tableau ci-dessous donne les temps de doublement des principales tumeurs humaines, mesurées en général sur une courte période de temps, avant l'institution d'un traitement, ou avant la mort du sujet lorsqu'on se contente de soins palliatifs.

Tumeurs

Nombre étudié

Temps de doublement

Cancer primitif du poumon

Adénocarcinome
Epidermoïde
Anaplasique

 

64
85
55

 

21 semaines
12 semaines
11 semaines

Cancer du sein

Primitif
Métastase pulmonaire

 

17
44

 

14 semaines
11 semaines

Cancer du rectum et colon

Primitif
Métastase pulmonaire

 

19
56

 

90 semaines
14 semaines

Tumeurs

Nombre étudié

Temps de doublement

Lymphomes

Ganglion

 

27

 

4 semaines

Métastases pulmonaires

Cancer du testicule
Tumeurs de l'enfant
Sarcomes adultes

 

80
47
58

 

4 semaines
4 semaines
7 semaines

Les temps de doublement pour les tumeurs murines se situent typiquement dans une fourchette de 1 à 5 jours, alors que ceux des tumeurs humaines, sont de l'ordre de 1 à 3 mois. On voit par cette seule différence les précautions qu'il faut employer pour utiliser les résultats obtenus avec les modèles animaux en chimiothérapie ou en radiothérapie, lorsqu'il s'agit de les transposer pour les tumeurs humaines.

Ce tableau donne des valeurs moyennes. Il existe de grandes variations entre malades et chez un même malade entre une métastase et une autre. Les métastases croissent, en général, plus vite que la tumeur primitive.

Longue histoire clinique

Les tumeurs humaines très superficielles peuvent être détectées lorsqu'elles possèdent environ un milliard de cellules (109 cellules : environ 1 g de tumeur). Les petites tumeurs du sein représentent environ 10 g de tumeur, soit 1010 cellules, c'est à dire 3 doublements supplémentaires. Les tumeurs humaines profondes, qui peuvent peser de 100 à 1000 g, représentent donc 1011 à 1012 cellules, soit 3 à 6 doublements supplémentaires.

Par rapport à la cellule maligne unique du début de la tumeur, 1 g de tumeur représente donc environ 30 doublements. 10 doublements supplémentaires l'amènent à un poids de 1kg. Ainsi, cliniquement, nous n'étudions la tumeur que pour moins d'un quart de son évolution spontanée. 30 doublements d'un cancer du sein pourraient représenter environ 10 ans d'évolution !

Tous ces doublements très nombreux suggèrent la possibilité de mutations fréquentes et l'acquisition d'un pouvoir métastatique bien avant la détection clinique. On explique ainsi la découverte de métastases après des phases de latence très importantes : métastases de cancers du sein ou du rein plus de 10 ans après l'ablation de la tumeur primitive.

Cependant, chez l'animal, on sait que la phase préclinique est plus rapide que la phase clinique. Chez l'homme, si on étudie le rythme d'apparition des métastases chez des sujets apparemment en rémission complète après la chirurgie initiale, on s'aperçoit également que le temps de doublement déduit de la latence d'apparition des métastases est plus court que le temps de doublement de la phase clinique.

 Multiplication_cellulaire.gif (8672 octets)
Schéma de l’évolution d’un cancer chez l’homme.

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