Définition
On appelle promotion la prolifération clonale des cellules initiées. L'accroissement du taux de division cellulaire augmente les risques de mutations.
Les promoteurs tumoraux ne sont pas, en général, des agents mutagènes ou carcinogènes par eux-mêmes. Le plus souvent, ils exercent leur pouvoir promoteur sans métabolisation. Dans des conditions expérimentales, on définit leur pourvoir promoteur par la réduction du temps écoulé entre l'initiation et l'apparition des tumeurs.
Ces substances mettent en route des mécanismes de nature épigénétique, c'est-à-dire qu'ils n'interfèrent pas avec la structure du génome. Ce sont des cancérogènes non génotoxiques
Agents expérimentaux
Quelques agents chimiques semblent capables d'induire à la fois l'initiation et la promotion, tels le benzo[a ]pyrène et le 4 amino-bi-phényl.
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Le développement
expérimental des tumeurs avec des agents initiateurs et des agents promoteurs. On peut ainsi comprendre quil faut un certain nombre de stimulations ou de divisions cellulaires pour arriver à ce que les anomalies initiales soient transmises. Pour obtenir une tumeur expérimentale, il faut que lagent initiateur agisse en premier, et que lagent promoteur soit utilisé suffisamment longtemps, à suffisamment bonne dose et à un rythme assez soutenu. |
Le promoteur le plus étudié a été l'huile de croton, et notamment un de ces composants le 12-O-tétra-décanoyl-phorbol 13 acétate ( ou TPA). L'action produite n'a pas lieu au niveau du DNA, mais au niveau de la membrane cellulaire, par liaison aux récepteurs et induction des mécanismes de transmission du signal mitogène, notamment par la protéine kinase C. L'effet produit dépend des cellules, pouvant être soit une différentiation soit plus souvent une prolifération.
D'autres agents sont de puissants promoteurs avec des effets très variables selon le type cellulaire étudié : le phénobarbital, la dioxine, le bromo-méthyl-benzanthracène, le phénol, la saccharine, les cyclamates ainsi que les hormones stéroïdiennes (oestrogènes), les sels biliaires, les plaies, l'irritation chronique. Le mécanisme exact de leur rôle promoteur n'est pas toujours compris.
Nutrition
Certains aliments sont initiateurs : aflatoxine, amines aromatiques (alimentation fumée). D'autres sont des promoteurs.
Le mécanisme précis de l'action promotrice de l'alcool, incriminé dans toutes les tumeurs du haut appareil digestif, n'est pas encore déterminé.
Le rôle des fibres, des fruits et des légumes comme protecteurs contre la cancérogenèse est démontré par les études épidémiologiques, mais le mécanisme précis n'est pas connu, semblant se situer dans le registre anti promotion : on invoque les vertus anti oxydantes des carotènes, des rétinoïdes ou de la vitamine C.
Le rôle de la graisse alimentaire dans le déterminisme du cancer colique est mieux connu : un régime riche en graisse augmente la proportion de cancers coliques. Les lipides alimentaires sont transformés par les bactéries intestinales en diacylglycérol (DAG), absorbé par les cellules coliques. Ce diacylglycérol (DAG) stimulerait les protéines phosphokinases, et augmenterait le turn-over de reproduction des cellules coliques.
Hormones
Les hormones stéroïdiennes et thyroïdiennes sont responsables du développement des organes cibles.
Des études épidémiologiques précises montrent la fréquence accrue des cancers prostatiques chez les noirs (testostéronémie supérieure), et leur absence chez les castrats. Le cancer du sein est associé avec une concentration exagérée et solitaire d'oestrogènes (sans contre effet progestatif), de même que le cancer de l'utérus. La prise d'oestrogènes par la mère pendant sa grossesse est associée avec une fréquence importante de cancers du vagin chez la fille.
Expérimentalement, la stimulation de la TSH par l'administration d'un inhibiteur de la synthèse thyroïdienne, entraîne une hyperplasie réversible de la thyroïde.
La production de cancers mammaires par le DMBA chez le rat est très augmentée en présence d'excès de prolactine hypophysaire et d'une concentration normale d'oestrogènes. L'ablation des oestrogènes, après l'induction de la tumeur, entraîne une régression partielle. Les cellules cancéreuses qui ne répondent pas à la castration n'ont pas les récepteurs hormonaux pour l'oestradiol ou la progestérone.
Le cancer expérimental de prostate de Dunning mime la situation humaine et nécessite la présence de testostérone pour croître. En cas de castration, des cellules non hormono sensibles finissent par se développer.
In vitro, les hormones stéroïdiennes stimulent la production de récepteurs pour le facteur de croissance épithélial EGF et le facteur transformant TGFa , et la sécrétion autocrine du TGFa par les cellules mammaires. Il en résulte une stimulation de la mitose dans des conditions plus ou moins physiologiques.
Enfin, la mutation du gène de récepteur EGFR, sous forme de l'oncogène c-erb-B2, a été retrouvée dans beaucoup de cancers du sein, et semble également responsable d'un effet promoteur.
Traumatismes et inflammation
Les patients décrivent souvent le rôle déclenchant d'un traumatisme pour un cancer. Cependant, le temps de latence habituelle observée en cancérogenèse ne plaide pas en faveur d'une telle association.
Les traumatismes thermiques répétés, et en particulier les brûlures, par la régénération cellulaire accrue qu'elles obligent, pourraient jouer le rôle de promoteur tumoral (brûlures de la muqueuse oesophagienne par le café associé au Calvados, brûlures plus ou moins rituelles de kangri en Inde ou de kairo au Japon). Une inflammation chronique a été aussi incriminée pour certaines tumeurs cutanées ou certains ostéosarcomes.
Le rôle de la schisostomiase vésicale est bien démontré pour le cancer de vessie en Egypte. Le schisostome n'est pas cancérigène chez l'animal. Cependant il permet l'induction de cancers vésicaux lorsqu'on l'associe à un agent initiateur (N-methyl-N-Nitrosurée). Chez le paysan du Nil, à la schisostomiase s'associent des troubles du métabolisme du tryptophane, conduisant à l'excrétion de produits inducteurs de tumeur, comme le 3-hydroxy-kynurenine, l'acide 3-hydroxy-anthranilique ou le 2-amino-3-hydroxy-acétophnone. L'infection urinaire associée à la schisostomiase vésicale favorise la voie anormale du métabolisme du tryptophane.
Le rôle de la malaria a déjà été signalé à propos du lymphome de Burkitt, probablement comme promoteur, par la stimulation antigènique exagérée qu'elle produit.
Autres agents promoteurs physiques
Le rôle de l'asbeste (utilisé dans l'isolation des bâtiments, les arsenaux, les chemins de fer et les freins automobiles, notamment), dans le déclenchement des mésothéliomes pleuraux ou péritonéaux est bien prouvé : il s'agit d'un cancer professionnel typique. Le mécanisme précis est encore mal déterminé : le facteur irritatif local répétitif ne semble plus incriminé, mais on accuse plutôt une réaction chimique locale mal identifiée. La fibre d'asbeste pourrait avoir un rôle mutagène par elle-même.
Enfin, asbeste et cigarettes conjuguent leurs effets pour la production de cancers du poumon chez le travailleur en contact avec l'asbeste.
Un autre sujet d'inquiétude vient du
silicone utilisé pour les prothèses mammaires . Chez le rat, ces prothèses se
compliquent d'environ 20% de fibrosarcomes. La période habituelle de latence de
développement des tumeurs étant de 20 ans, et les prothèses ayant été posées dans
les années 70, on doit suivre avec précaution les femmes porteuses de prothèses
mammaires. Un mécanisme chimique, en rapport avec la détérioration de la prothèse,
serait incriminé, et provoquerait une promotion tumorale.
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| Schéma
des différentes étapes de la carcinogenèse. Les agents initiateurs atteignent plutôt les gènes qui contrôlent la multiplication cellulaire et le contrôle de lexactitude de la transmission du DNA. Leur action est brutale, génotoxique, irréversible (image d'une scie) Les agents promoteurs favorisent la prolifération cellulaire dans la globalité. Leur action ne touche pas forcément le DNA. Elle agit essentiellement par la répétition et la durée de la poussée à la division cellulaire (image d'une fusée). |