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CANCERS

RADIO-INDUITS

CHEZ L'HOMME

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Données épidémiologiques chez l'homme

Sensibilité des tissus humains

L'effet des radiations ionisantes sur l'homme est connu sur 5 types d'expositions différentes :

L'étude très détaillée des 120 321 survivants des bombardements de Hiroshima et Nagasaki en 1945 s'est poursuivie depuis cette date, avec une étude attentive de leur état de santé, mais aussi un calcul précis de la dose unique reçue en août 1945, compte tenu de leur position par rapport au site de l'explosion. Les sujets ayant reçu moins de 0,5cGy (0,5 rad) sont considérés comme témoins, et ont développé un cancer chez 7,3% des individus ; ceux qui ont reçu plus de 0,5cGy ont développé un cancer dans 8,23% des individus.

Il existe donc un excès de cancers qui augmente quand la dose reçue augmente, mais le rapport entre cancers induits et cancers spontanés n'augmente pas avec le suivi. Il reste cependant des incertitudes concernant les enfants irradiés, qui arrivent maintenant aux âges de développement des cancers les plus fréquents.

L'effet le plus apparent des cancers induits par la bombe, c'est-à-dire l'augmentation du nombre de leucémies, est du à la période courte de latence de développement de ce cancer. Depuis, le nombre de cancers des autres organes a lui aussi augmenté.

Type de cancer

Risque relatif
pour 1Gy

Cancers induits
par 1O6 habitants/an/Gy

Risque
relatif (%)

Leucémie
Sein chez la femme
Poumon
Oesophage
Estomac
Colon
Ovaire
Vessie
Myélome multiple

6,21
2,19
1,63
1,58
1,27
1,85
2,33
2,27
3,29

2,94
1,20
1,68
0,45
2,42
0,81
0,71
0,68
0,26

58,6%
22,1%
12,3%
13,0%
5,7%
16,3%
22,3%
21,5%
31,8%

Effet de la dose

Il est très difficile d'évaluer scientifiquement l'effet des petites doses de radiation chez l'homme.

En effet, nous ne connaissons que l'effet des fortes doses, et il faut extrapoler vers le bas. Si on extrapole de façon linéaire, on aboutit à une notion de seuil ; une extrapolation quadratique aboutit à une courbe passant par l'origine. Actuellement, par précaution, on estime que chaque dose de 0,1cGy constitue un risque de 4% de plus de cancer et qu'il n'y a pas de risque nul. Mais ce raisonnement n'est pas complètement scientifique.

La recommandation actuelle pour l'exposition de la population est de 0,0017Gy (ou 0,17cGy) par an, qui amène un risque supplémentaire de 0,4% de cancer. Rappelons que le risque réel actuel (hors irradiation) est de près de 20%.

Le tableau suivant estime les doses annuelles reçues par un français moyen, en mSv. On rappelle qu'un sievert correspond à une irradiation de 1Gy pour des rayonnements peu énergétiques, mais à beaucoup moins pour les rayonnements très énergétiques comme les neutrons.

L'importante irradiation 'interne' due à l'alimentation est due aux facteurs de concentration que représente la chaîne alimentaire, particulièrement importante pour tout ce qui touche l'alimentation à base de poissons, de crustacés ou de gibiers aquatiques. Ceci justifie les précautions importantes prises autour des zones potentiellement polluantes (centrales nucléaires, usine de retraitement).

Type d'irradiation

Dose reçue

Irradiation externe spontanée

Rayonnement cosmique
Radionucléides
     Potassium 40
     Uranium 238
     Thorium 232

 

0,30 mSv

0,12 mSv
0,09 mSv
0,14 mSv

Irradiation interne spontanée (alimentation)

Radionucléides cosmiques
Radionucléides terrestres
     Potassium 40
     Rubidium 87
     Uranium 238
     Thorium 232

 

0,015 mSv

0,18 mSv
0,006 mSv
0,95 mSv
0,19 mSv

Total de l'irradiation 'physiologique'

2 mSv

Irradiation d'origine humaine

Irradiation médicale
Retombées explosions nucléaires
Transports aériens
Fonctionnement centrales nucléaires
Biens de consommations

 

0,80 mSv
0,02 mSv
0,001 mSv
0,0015 mSv
0,008 mSv

Total de l'irradiation 'provoquée'

1 mSv

Le schéma suivant essaie d’extrapoler quelle est la dose minimale tolérable, et en particulier, quel est le rôle des petites doses d’irradiation, à partir des résultats à de plus fortes doses. On voit que selon la façon dont on extrapole les résultats vers l’origine, on peut conclure qu’il existe une proportionnalité parfaite, et que même une petite dose est dangereuse (courbe passant par l’origine) ou au contraire qu’il existe un seuil minimal pour voir une augmentation des fréquences.

Dose_minimale_toxique.gif (9689 octets) Extrapolation des résultats expérimentaux pour essayer de comprendre le rôle des petites doses (cf. le texte plus haut).

Comparaison avec d'autres risques de mortalité

Dans un tableau très instructif, John B Little compare le risque de une mort pour un million de personnes, en raison des différentes sources de l'environnement. Le risque s'établit ainsi :

Source
du risque

Unité d'exposition
au risque

Risque encouru

Irradiation
Vivre à Denver
Vol en avion
Maison en pierre

12 mGy
1 semaine
2 500 km
1 semaine

Cancer
cancer (rayons cosmiques)
cancer (rayons cosmiques)
Cancers par radioactivité
Cigarette
Vivre avec un fumeur

1 cigarette
2 mois

Cancer,
maladies cardio-vasculaires
Vivre à New York

1 jour

pollution
Canoë kayak
Vol en avion
Conduite automobile
Conduite en moto

6 minutes
3 700 km
80 km
8 km

noyade
accident
accident
accident

La prévention peut donc s'exercer dans de nombreux domaines !

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