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IMPLICATIONS

CLINIQUES

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Les considérations théoriques sur l’angiogenèse commencent à avoir une certaine importance en clinique, même si elles ne débouchent pas, pour l’instant, sur des progrès thérapeutiques

Valeur pronostique de la quantification de l'angiogenese

Sur une coupe histologique, l’utilisation d’anticorps anti CD31 ou anti facteur VIII permet un immuno-marquage spécifique des capillaires de la tumeur.

Le nombre de micro-vaisseaux dans les tumeurs du sein est corrélé avec le risque de métastases. En analyse multivariée, la densité en micro-vaisseaux chez les malades sans ganglions envahis constitue un meilleur facteur pronostic que le grade tumoral, la taille tumorale et les récepteurs en œstrogène. Sur les coupes histologiques, reflétant l’hétérogénéité biologique habituelle des cancers, les tumeurs ont des secteurs plus ou moins denses quant à leur néo-vascularisation : c’est la quantification du secteur le plus vascularisé qui exprime au mieux le pronostic.

Une telle valeur pronostique se retrouve également pour les cancers du poumon, de la prostate, et ORL, ainsi que pour le risque de récidives locales dans les tumeurs cérébrales.

Quantification des peptides dans les urines ou le sang

Le dosage radio-immunologique du facteur bFGF dans le sang montre une augmentation du taux chez les malades cancéreux (300 à 400 pg/ml comparé à un taux normal de 30 pg/ml).

Dans les urines, on retrouve chez près de 37% des malades cancéreux des concentrations de bFGF dépassant la limite supérieure des sujets normaux (90% du percentile : 600 pg/g de créatinine).

Les taux les plus élevés sont retrouvés chez les nourrissons porteurs d'hémangiomes (prolifération rapide des vaisseaux capillaires) avec des taux urinaires dépassant fréquemment 20 000 pg/g de créatinine. Ces niveaux reviennent à la normale quand l’hémangiome régresse spontanément à l’âge de 2 à 4 ans. Si on doit traiter l’hémangiome (risque vital dû à sa situation, risque pour la vue), on observe une chute rapide dès le début de la régression. Il n’existe aucune modification du taux de bFGF urinaire dans les autres malformations vasculaires.

Le rôle pronostic du dosage du VEGF est encore à déterminer.

Vers des médicaments anti-angiogénèse

La découverte du rôle anti angiogène de l’interféron a-2 a conduit à son utilisation thérapeutique dans les hémangiomes à risque du nourrisson. La majorité des hémangiomes ne nécessitent aucun traitement, régressant spontanément avec l’âge. Quelques localisations présentent des risques vitaux ou fonctionnels importants (coagulopathie secondaire, localisations intracrâniennes, hépatiques, pulmonaires, gastro-intestinales). Les corticoïdes sont très actifs, mais leurs effets secondaires sont importants, notamment sur la croissance de l'enfant.

L’interféron a-2 est très efficace chez le nourrisson porteur d’hémangiome, bien mieux supporté chez l’enfant que chez l’adulte (peu de réactions fébriles notamment).

De nombreuses tumeurs ont été traitées par l’interféron ; cependant, l’activité de cette thérapeutique n'apparaît constante que dans certaines hémopathies par des mécanismes d’action sans rapport avec l’angiogenèse.

L’action potentielle des médicaments à visée anti angiogenèse pourrait s’exercer surtout pour la prévention des métastases ou la réduction du risque de récidive locale, après un traitement local ou général approprié. Parmi les molécules semblant prometteuses, on peut citer le tétra-hydro-cortisol (qui n’a aucune activité corticoïde), le tétradécasulfate de b -cyclodextrine, la minocycline, qui, expérimentalement, réduisent le nombre de métastases (tumeur de Lewis de la souris) et augmentent la survie des animaux, après un traitement initial par un médicament antimitotique.

Ils semblent très bien tolérés. Ces futurs médicaments devant être administrés pendant de longues périodes, cette bonne tolérance permettra de donner au patient une bonne qualité de vie. A l’heure actuelle, les essais cliniques ne sont pas encore commencés, mais il s’agit là d’une voie de recherche prometteuse.

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