Projet
Médical d'Etablissement 1999-2003
(Extraits du document rédigé le 13/01/99)
Une exigence forte :
la prise en charge globale et pluridisciplinaire du malade
La pluridisciplinarité
"Pathologie complexe nécessitant
des traitements combinés, le cancer est par essence pluridisciplinaire"
(Rapport du Sénateur Oudin 21 octobre 1998).
La définition des acteurs de soins et la
participation des structures externes
Le protocole thérapeutique
général est adapté à la situation de chaque
malade qui choisit, aidé de son médecin traitant, les
acteurs et structures qui le prendront en charge. La discussion pluridisciplinaire
implique les spécialistes du Centre ainsi que les différents
médecins du patient : chaque dossier de malade est discuté
par l’unité de concertation pluridisciplinaire disposant de
tous les éléments indispensables à la prise de
décision. Avec l’accord du malade, le Centre délègue
les soins, chaque fois que possible, à des équipes proches
du domicile du patient, lorsque celles-ci répondent aux critères
de qualité que s’impose le Centre, notamment le seuil critique
de compétence.
La notion de médecin responsable et l’information
du patient
La responsabilité
médicale ne peut se diluer : chaque malade est pris en
charge par un médecin qui fait appel à l’équipe
compétente de spécialistes lorsque besoin. Le médecin
responsable assure la continuité des soins entre les équipes.
Le conseil pluridisciplinaire n’enlève rien à la responsabilité
individuelle de chaque praticien. C’est celui-ci qui explique au patient
la démarche proposée et les différentes thérapeutiques
afin d’obtenir un consentement éclairé.
Les protocoles de prise en charge diagnostique
et thérapeutique
La rédaction et
la mise à jour régulière des protocoles thérapeutiques
constituent une priorité de l’équipe pluridisciplinaire
au service du malade. Le CFB a participé, sous l’impulsion
de la Fédération des Centres, à la rédaction
des Standards, Options et Recommandations qui sont le fondement scientifique
de la rédaction des protocoles. Une adaptation régionale
tenant compte des possibilités techniques locales aboutit à
un texte décrivant les situations cliniques, les classifications,
les méthodes thérapeutiques et leur intégration
harmonieuse.
La création d’un
site Internet permettra la diffusion large des connaissances pratiques
des protocoles, et sous une forme accessible au grand public, la réponse
à l’exigence d’une information adaptée.
La participation des paramédicaux
Cette même ouverture
pour la discussion pluridisciplinaire et pour les soins peut concerner
également les acteurs non-médicaux : infirmiers,
kinésithérapeutes, travailleurs sociaux, diététiciens,
psychologues.
Le Dossier médical
commun 
L’outil informatique du CFB
Depuis 1986, le Centre
dispose d’un outil informatique unique permettant la consultation
du dossier médical et biologique de chacun des patients. La
performance médico-économique de cet instrument a permis
d’absorber une augmentation majeure d’activité à moyens
humains quasi constants. La définition de nouveaux objectifs
informatiques (projet SI 2000), intégrant le dossier infirmier
et le dossier radiologique, permettra une prise en charge encore plus
efficace ainsi que le développement accru de la recherche clinique.
Le dossier minimum commun de cancérologie
Au niveau régional,
les praticiens médicaux et paramédicaux ont défini
un dossier minimum commun de cancérologie qui servira de base
à l’échange des informations à l’intérieur
du réseau normand.
Le partage transparent
des différents éléments structurant ce dossier
constitue la base nécessaire pour s’assurer de la qualité
des acteurs du réseau.
L’ouverture du dossier informatisé du Centre
Les techniques nouvelles
(cartes Santé, Internet et cryptage) permettent d’envisager
une ouverture bidirectionnelle du nouveau dossier médical informatisé
du Centre vers les praticiens du malade. Leur information immédiate
assurera leur meilleure intégration au réseau en vue
d’une prise en charge optimale à ou près de leur domicile.
Le retour d’informations pour le suivi à long terme en sera
facilité.
La prise en charge globale
des malades
La prévention des difficultés induites
par la maladie cancéreuse
L’apparition d’un cancer
bouleverse la situation familiale et professionnelle du malade. Le
soignant prend en charge globalement le patient, dépiste en
amont les risques potentiels de perturbations majeures et alerte au
plus tôt les professionnels compétents. Cette prévention
inclut les besoins sociaux, nutritionnels, psychologiques et de kinésithérapie.
L’amélioration de l’accès aux aides
et le développement de l’autonomie
De nombreuses aides sont
prévues par des législations complexes et variées
auxquelles le malade souffrant de dépendance n’a pas accès,
soit par méconnaissance, soit par découragement devant
les démarches à entreprendre. Il en résulte une
prise en charge inadaptée et coûteuse qui s’impose aux
structures hospitalières ou, à l’inverse, un isolement
du malade à domicile sans accompagnement adéquat.
Le transfert régional de l’expérience
spécifique du Centre
Le Centre a déjà
mis en place, à son niveau, des groupes de réflexion
visant à améliorer les circuits de prise en charge globale
du malade (diététique, accompagnement psychologique,
démarches sociales, bénévolat). Le résultat
de leurs travaux constitue une ressource devant servir la communauté
régionale par la mise en place d’outils de communication adéquats.
Le réseau régional pour le suivi
des malades
Le Centre a pour mission
constitutive le suivi régulier des malades notamment pour évaluer
les résultats thérapeutiques à long terme. La
création des consultations avancées répondait
à ce souci de suivi. La formation des médecins généralistes
à la cancérologie praticienne, la rédaction de
protocoles de surveillance et l’intégration des structures
externes dans le traitement des malades permettent d’envisager une
délégation de cette mission de suivi, à moindre
coût et sans diminution de la qualité du service offert.
L’organisation du réseau veillera au retour régulier
des informations pertinentes.
Le Développement
des soins de suite et soins palliatifs 
La formation aux soins palliatifs
Le traitement des malades
cancéreux n’implique pas toujours l’utilisation de méthodes
spécifiques, mais l’intégration de nombreux moyens thérapeutiques,
notamment pour la prise en charge du soulagement des symptômes.
La formation des praticiens et des infirmiers externes à ces
soins de suite permet d’éviter le recours systématique
aux structures centrales qui restent néanmoins à la
disposition des malades et des soignants, selon les besoins et le
libre choix du malade.
La prise en charge de la douleur
Dans ce cadre, la coopération
des équipes mobiles de soins palliatifs du CHU et du Centre
avec les différents soignants de la région doit se développer
en vue de garantir une bonne prise en charge de la douleur. La formation
des professionnels à l’évaluation de la douleur permet
une thérapeutique adaptée.
Deux
choix stratégiques : l’excellence et la recherche
Le Centre pôle de référence

Le Centre a identifié
les domaines d’excellence qu’il souhaite développer en privilégiant
la coopération pour les autres activités. Le choix de
ces activités a été motivé à la
fois par l’existence d’une masse critique et par une position régionale
reconnue.
La chirurgie cancérologique
Le Centre dispose d’une
expertise reconnue aux niveaux national et régional en chirurgie
cancérologique. La chirurgie mammaire, gynécologique,
ORL, les chirurgies de rattrapage et de reconstruction sont des domaines
d’excellence pour lesquels l’expérience et l’important niveau
d’activité des équipes du Centre sont indispensables
à la région. La collaboration avec les équipes
chirurgicales externes permettent un accès à ces techniques
pour tous les malades de la région. Le Centre doit disposer
des moyens humains et matériels nécessaires à
la poursuite de cette mission spécifique. En outre, l’importance
de son recrutement en fait un lieu privilégié de formation.
La radiothérapie
Le Centre constitue le
pôle de référence régional en radiothérapie
externe, en curiethérapie et en radiothérapie métabolique.
Il doit pouvoir se doter de tous les moyens humains et techniques
indispensables à l’exécution de cette mission :
un audit comparatif avec les autres structures nationales permettra
un diagnostic des nécessaires améliorations quantitatives
et qualitatives (programme d’assurance qualité). En particulier,
une meilleure sécurité des traitements par une dosimètre
et un repérage plus précis représente un objectif
de développement indispensable. La reconnaissance du rôle
enseignant de ce pôle de référence doit aboutir
à la création de postes universitaires permettant le
renouvellement des équipes.
L’oncologie médicale
Le Centre est le référent
de la région en oncologie médicale et traite toutes
les pathologies à l’exception de la pathologie pédiatrique.
Il doit pouvoir se doter des moyens humains et techniques indispensables à
cette mission : nombre de praticiens suffisant compte tenu du
recrutement et du rôle de consultants de réseau, développement
de techniques innovantes (études thérapeutiques phase
I, thérapie génique), enveloppe financière suffisante
pour les médicaments spécifiques. Le rôle enseignant
pivot de ce service (notamment pour la formation des médecins
spécialistes compétents) doit être reconnu par
la création urgente d’un poste universitaire de rang B.
La biologie moléculaire
du cancer
Le Centre dispose d’un
service d’anatomopathologie, élément structurant du
Centre dont la réputation de référent régional
et national n’est plus à confirmer. Les laboratoires de biologie
permettent un service rapide et performant, mais sont aussi l’interface
avec des recherches fondamentales et de transfert technologique. L’association
de ces structures et la proximité des services cliniques permettent
des études nombreuses de biologie moléculaire du cancer
(oncogénétique, recherche de marqueurs génétiques,
sensibilité tumorale in vitro, étude de la résistance
aux antimitotiques, etc.). Le développement de ces techniques
est rendu possible par l’automatisation et l’informatisation de la
biologie, ainsi que par l’approfondissement des partenariats performants
avec le CHU et l’Université.
L’imagerie médicale
cancérologique
Le Centre est référent
en sénologie et un partenaire majeur dans les campagnes de
dépistage. Le développement de la sénologie interventionnelle
permettra de réduire le nombre d’interventions, le traumatisme
psychique et la durée d’hospitalisation induits par la découverte
d’histologie incertaine. L’augmentation des vacations d’IRM et l’acquisition
de nouveaux échographes iront de pair avec l’accroissement
de l’activité de radiologie interventionnelle. En partenariat
avec le CHU et Cycéron se mettra en place l’évaluation
clinique de la tomographie par émission de positons (PET Scan).
Une recherche centrée
sur le malade 
La Recherche clinique
Le Centre dispose d’un
service de recherche clinique dédié aux études
thérapeutiques et à l’épidémiologie. L’accroissement
de ses capacités humaines et techniques en fait un centre de
gestion de données capable de coordonner les études
internationales. La connaissance et l’exploitation du suivi des malades
sont la condition préalable à toute amélioration
thérapeutique. La mise en route d’études cliniques (phases
I, phases II, phases III randomisées, évaluation de
la qualité de vie, études médico-économiques,
recherche en oncopsychologie) est l’une des raisons d’être du
Centre, exigeant la présence d’attachés de recherche
clinique pour assister, au contact des malades, les médecins
dans le dédale croissant des exigences médico-légales.
L’implication du personnel paramédical renforce sa compétence
technique par la recherche en soins infirmiers. L’ouverture de ces
études aux structures du réseau constituera un stimulus
intellectuel pour les médecins et des chances accrues pour
les malades de la région d’avoir accès rapidement aux
nouvelles thérapeutiques.
La Recherche épidémiologique
Avec le CHU et l’association
ARKMAN, le Centre François BACLESSE anime la Fédération
des Registres des Cancers de Basse Normandie, qui constitue un atout
pour notre région. La mise en place d’études spécifiques
(produits phytosanitaires, filières de soins en cancérologie
digestive et urologique, études internationales sur les cancers
mammaires et gynécologiques) complète et justifie l’activité
d’enregistrement exhaustif des cancers en collaboration avec les médecins
et laboratoires de ville.
La Recherche fondamentale
Le Centre François
BACLESSE est un lieu d’accueil privilégié d’équipes
universitaires variées (Pharmacie, Sciences, Médecine,
Ganil, Cycéron) et de chercheur statutaire INSERM. Un Contrat
Jeune Formation INSERM a été créé en association
avec le registre des tumeurs digestives du CHU.
Les thèmes majeurs
de recherche concernent l’épidémiologie moléculaire,
la physiopathologie tumorale et ses implications thérapeutiques,
la recherche en imagerie médicale (in vitro et in vivo), la
radiobiologie.
Le cancer de l’œsophage,
le cancer de l’ovaire et le mésothéliome (en association
avec le CHU) sont les localisations particulièrement étudiées.
Pour toutes ces recherches,
des collaborations étroites, locales, régionales, nationales
et internationales s’intensifient et la construction progressive de
locaux plus appropriés sera réalisée dans les
prochains mois, permettant de développer cette ouverture vers
l’extérieur et la complémentarité avec les équipes
cliniques (transfert technologique).
Trois volontés
La complémentarité régionale

Les groupes de préparation
du Schéma Régional d’Organisation Sanitaire en Cancérologie
ont souligné l’importance du respect de la liberté de
choix du malade, du devoir d’information et de qualité des
soignants, notamment par la recherche systématique d’une démarche
pluridisciplinaire et la notion de seuil minimal de malades pour maintenir
sa compétence.
Le Centre, de par ses compétences
et son recrutement majeur, constitue naturellement un pôle centripète.
Ce caractère convergent est encore accentué par les
nombreuses formations professionnelles mises en place pour répondre
aux besoins des soignants extérieurs. La concentration ainsi
engendrée, favorise la participation de nombreux malades de
la région aux études thérapeutiques.
Le Centre souhaite développer
des partenariats avec toutes les structures de la région, bâtis
sur :