Centre François BACLESSE
Centre de Lutte Contre le Cancer

COMMENT PREVENIR ET DEPISTER CERTAINS CANCERS

PREDISPOSITION HEREDITAIRE AU CANCER

L'existence de plusieurs cas de cancers dans une même famille ou chez une même personne, leur survenue à un âge plus précoce que l'âge habituel, la bilatéralité des atteintes, sont autant d'arguments en faveur d'une prédisposition génétique au cancer.
Une consultation auprès d'un médecin cancérologue spécialisé en génétique permet de préciser les risques encourus et de proposer une surveillance adaptée.

L'usage du tabac altère les muqueuses qui se cancérisent après des années d'exposition. L'excès de boissons alcoolisées, quelles qu'elles soient (bière, vin, alcools forts) augmente considérablement les risques.

LES CANCERS DE LA BOUCHE

Ce sont des cancers fréquents qui surviennent surtout chez l'homme autour de 50-60 ans. Ils surviennent presque toujours chez les fumeurs consommant du vin ou des boissons alcoolisées. Ils sont favorisés par une denture mal soignée. Les premiers signes sont constitués par une ulcération ou une grosseur de la langue ou de la joue, une plaie de la gencive ne cicatrisant pas, une gêne au port du dentier.

LES CANCERS DU LARYNX ET DU PHARYNX

Surviennent surtout chez l'homme. Lorsque le cancer est situé au niveau des cordes vocales, le premier signe et un enrouement qui traîne. Lorsque le pharynx est atteint on peut observer une gêne persistante en avalant, semblable à une angine ou à une sensation "d'arête de poisson" ou encore une douleur allant vers l'oreille. La persistance de ces symptômes doit inciter à consulter un spécialiste ORL.

LES CANCERS DE L'OESOPHAGE

La Normandie et la Bretagne sont des régions où ce cancer est jusqu'à 10 fois plus fréquent que dans le reste de la France. Il y a peu de cancer de l'œsophage chez les gens qui ne boivent pas d'alcool. Il est encore très difficile de le guérir et sa prévention (simple) est notre arme la plus forte. Ce cancer se manifeste par une gêne pour avaler, une sensation de blocage au passage du pain ou de la viande, se répétant à plusieurs reprises.

LES CANCERS DU POUMON

20 000 Français meurent chaque année du cancer du poumon (1 toutes les demi-heures). Quelques cas de cancers sont produits par l'inhalation de poussières industrielles minérales ou chimiques (pneumoconioses) qui doivent être évitées. Mais la grande pourvoyeuse de cancers du poumon est la cigarette. Le risque est fonction du nombre de cigarettes consommées et du nombre d'années pendant lesquelles on a fumé. Des altérations cellulaires pré-cancéreuses de la muqueuse bronchique existent déjà chez le jeune adulte fumeur. Le cancer du poumon est difficile à déceler à temps : toux rebelle, radiographie anormale. La meilleure sauvegarde contre cette maladie est de ne pas fumer.

LES CANCERS DU SEIN

C'est la femme elle-même qui peut le détecter grâce à l'autopalpation des seins, qu'il faut apprendre et pratiquer tous les trois mois.
Presque toujours, le premier signe est une grosseur, une boule. Le plus souvent cette boule ne correspond pas à un cancer mais à une tumeur bénigne (adénome, kyste). Le diagnostic ne peut être précisé que par un médecin. De façon statistique on sait que le risque d'avoir un cancer du sein augmente si votre mère, votre sœur, ou votre grand-mère ont eu un cancer du sein.
Voici comment pratiquer l'autopalpation de vos seins : essayez vous-même :





LES CANCERS DE LA PROSTATE

Il s'agit d'un cancer dont la fréquence augmente régulièrement avec l'âge à partir de 50 ans.
Le dépistage s'effectue par le simple toucher rectal qui permet d'explorer la prostate. Même sans signe inquiétant, ce geste doit être pratiqué systématiquement au minimum à 50 ans, puis tous les 3 à 5 ans.
Les signes se confondent avec ceux de "l'adénome prostatique", mais s'installent et progressent en général rapidement :

LES CANCERS DU COLON

C'est un des cancers les plus fréquents.
Les cancers du colon se développent aux dépens de la membrane qui tapisse l'intérieur du gros intestin (muqueuse), presque toujours à partir de polype.
Les polypes se développent préférentiellement sur la portion terminale du gros intestin et à partir de 45 ans chez l'homme comme chez la femme. Le risque d'être porteur ou porteuse de polype est doublé si l'on a des antécédents familiaux de cancers du gros intestin (colon, rectum).
On sait reconnaître actuellement les polypes susceptibles de devenir des cancers, car il est devenu facile de les détecter et de les enlever sans douleurs et sans intervention chirurgicale grâce à l'utilisation maintenant banalisée de la fibre optique (coloscopie).
Le premier signe visible de transformation d'un polype en cancer est le saignement. Il peut être évident, trop souvent mis sur le compte d'hémorroïdes mais il peut être tout à fait invisible. C'est dans ce cas que les tests de détection du sang dans les selles peuvent être utiles.
Ce qu'on doit retenir en pratique, c'est que les cancers au début, comme les polypes qui les précèdent, se développent longtemps silencieusement sans manifestation gênante.
D'où l'intérêt à partir de 45 ans de solliciter auprès de son médecin un examen de dépistage systématique. Cet examen devra être renouvelé à intervalles réguliers en fonction de ses propres facteurs de risque que le médecin traitant est le mieux à même d'évaluer.

LES CANCERS DU COL DE L'UTERUS

La guérison, actuellement, ne peut être obtenue que dans 50 % des cas mais cela est dû à la négligence et au manque d'informations des femmes.
On peut dépister pratiquement tous les cancers du col lorsqu'ils sont microscopiques, c'est à dire lorsqu'ils sont guérissables à près de 100 %, et même prévenir leur apparition ; le dépistage est simple, indolore, facile à réaliser : le frottis vaginal.
De façon statistique, on sait que les risques d'avoir un cancer du col augmentent avec les facteurs suivants :

En l'absence de facteurs de risques, on propose la réalisation de frottis cervico-vaginaux tous les trois ans, si les deux premiers frottis successifs sont non suspects à un an d'intervalle. Entre le col utérin sain et le col cancéreux, il existe des états intermédiaires : les dysplasies (états pré-cancéreux), le cancer infra-épithélial ou stade 0. Le cancer peut se développer sur un moignon de col, après ablation subtotale de l'utérus (pour fibrome par exemple).
Le cancer peut être dépisté sans signe (frottis systématique). D'autres fois, il s'agit de petites pertes sanglantes, survenant entre les règles, parfois provoquées par de légers traumatismes : toilette, rapport sexuel, voyage.
Toute perte de sang anormale même minime, doit entraîner un examen gynécologique avec frottis.

LES CANCERS DU CORPS DE L'UTERUS

Il s'agit d'un cancer fréquent (2 000 cas par an en France), touchant le plus souvent la femme après la ménopause. Le dépistage est plus difficile que pour le cancer du col de l'utérus, faisant appel au frottis d'endomètre, voire à des méthodes plus poussées (hystérographie, curetage-biopsique).
Le signe d'alerte est un saignement, aussi minime soit-il, ou des pertes troubles ou purulentes. Surtout après la ménopause, tout signe anormal doit conduire à pratiquer un certain nombre d'examens. De façon statistique, on sait que les risques d'avoir un cancer du corps de l'utérus augmentent avec les facteurs suivants :

©C.F.B. : Novembre 1997