À l’occasion du congrès international 2026 de la MASCC, qui s’est tenu à Melbourne du 25 au 27 juin, le Dr Mélanie Janson, interne en oncologie médicale au Centre Baclesse, a présenté un résumé scientifique consacré aux toxicités hématologiques liées aux immunothérapies.
La MASCC (Multinational Association of Supportive Care in Cancer) est une société savante internationale dédiée aux soins de support en cancérologie. Elle réunit chaque année des professionnels de santé et des chercheurs du monde entier à l’occasion de son congrès pour partager les dernières avancées dans ce domaine.
Une toxicité parfois sous-estimée
Les inhibiteurs de checkpoint du système immunitaire, aussi appelés immunothérapies, stimulent le système immunitaire afin qu’ils puissent mieux reconnaître et combattre les cellules cancéreuses. Dans certains cas, cette activation peut toutefois conduire le système immunitaire à s’attaquer à des cellules saines.
Avec les équipes du CHU de Caen et du Centre Baclesse, le Dr Janson a réalisé une revue de la littérature afin de mieux comprendre ces complications et d’identifier les modalités de prise en charge les plus adaptées.
Leur diagnostic peut toutefois s’avérer complexe, notamment chez les patients ayant également reçu une chimiothérapie. Une anomalie des cellules sanguines peut en effet avoir plusieurs causes, et il peut être difficile de déterminer si elle est liée à la chimiothérapie ou à l’immunothérapie.
Un message clé pour les professionnels de santé
Ces complications ne surviennent pas nécessairement pendant le traitement. Certaines peuvent apparaître plusieurs mois après la dernière administration d’immunothérapie, voire exceptionnellement jusqu’à près de deux ans plus tard.
Face à une baisse des cellules sanguines, plusieurs causes doivent être envisagées. Celle-ci ne doit pas systématiquement être attribuée à une chimiothérapie passée ou associée : une origine liée à l’immunothérapie peut également être recherchée.
Les corticoïdes constituent généralement le traitement de première intention et permettent une amélioration chez la majorité des patients. Pour les traitements de deuxième intention, les recommandations restent encore limitées. Cette revue de la littérature propose ainsi des pistes pour aider les professionnels de santé dans la prise en charge des patients concernés.
Un travail scientifique qui contribue à améliorer la reconnaissance et la prise en charge de ces complications, encore insuffisamment documentées.
Références
Mélanie Janson et al. MASCC® 2026 – Abstract #3745 : Hematological immune-related adverse events associated with checkpoint inhibitors