J’ai un cancer du sein triple négatif

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Votre oncologue vient de vous annoncer que vous avez un cancer du sein triple négatif. Vous vous posez de nombreuses questions et c’est normal. Vous informer vous aidera à comprendre la prise en charge proposée et à surmonter cette épreuve.

Qu’est-ce qu’un cancer du sein triple négatif ? Est-il fréquent ?

L’expression « triple négatif » signifie que les cellules tumorales n’expriment ni des récepteurs aux hormones (œstrogène et progestérone) ni le récepteur HER 2. Cela signifie que certains traitements médicamenteux (hormonothérapie et thérapie ciblée anti-HER2) ne seront pas efficaces.

Sur l’ensemble des cancers du sein diagnostiqués chaque année, on estime que les cancers du sein triple négatif représentent 10 à 15%. Quand il est diagnostiqué de façon précoce, la guérison est fréquente bien que ce cancer soit plus grave que d’autres formes de cancer du sein.

Comment fait-on le diagnostic ?

Le plus souvent, le cancer du sein est découvert sur une mammographie, de façon fortuite. Il arrive parfois que vous l’ayez découvert vous-même après avoir constaté une anomalie du mamelon ou du sein :

  • Rougeurs de la peau
  • Boule dans le sein
  • Déformation du sein
  • Mamelon rétracté
  • Ganglion au niveau de l’aisselle
  • Écoulement anormal du mamelon

N’hésitez pas à consulter votre médecin qui vous prescrira des examens.

Lorsque la mammographie montre une anomalie dans le sein « ACR 4 » ou « ACR5 », il y a une forte suspicion de cancer du sein. Le radiologue va donc vous proposer de réaliser une biopsie, c’est-à-dire un prélèvement sous anesthésie locale.

Le fragment de tumeur ainsi biopsié est adressé au laboratoire d’anatomopathologie, appelé également service de Pathologie. Cette étape est indispensable pour confirmer le diagnostic de cancer et le type de cancer. Elle permet également de caractériser le cancer du sein, comme la recherche de récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone et de HER2. Lorsque ces tests sont tous négatifs, il s’agit d’un cancer triple négatif.

Y a-t-il des facteurs de risque favorisant ce type de cancer ?

Certaines familles ont davantage de risques de développer un cancer du sein triple négatif, notamment quand plusieurs personnes de la famille ont eu un cancer. Si votre médecin estime que votre famille est « à risque », il vous proposera un suivi adapté et un avis dans un service d’Oncogénétique.

La guérison est-elle possible ?

On distingue schématiquement 2 stades évolutifs :

  • Le stade localisé pour lequel la guérison est possible. Cela signifie que l’extension du cancer du sein est limitée au sein et aux ganglions adjacents de l’aisselle et de l’aire sus-claviculaire.
  • Le stade métastatique pour lequel la guérison n’est pas possible ; pour autant on dispose de traitements efficaces pour le traiter et vous aidez à vivre plus longtemps avec cette maladie. On parle de stade métastatique lorsque d’autres organes que le sein et les ganglions axillaires et sus-claviculaires sont touchés (os, poumons, foie, cerveau, autres ganglions par exemple).

Quels sont les traitements disponibles en 2022 ?

En l’absence de métastases, les traitements utilisés sont les mêmes que pour les autres cancers du sein.

LA CHIRURGIE

Selon la taille de la tumeur et de votre sein, le chirurgien va décider du type d’intervention possible. Il favorise au maximum la chirurgie mammaire conservatrice (appelée tumorectomie ou mastectomie partielle) qui permet de préserver le plus de tissu sain possible. Quand la tumeur est plus grosse et ne permet pas de conserver une zone suffisante de tissus sain, le chirurgien réalise l’ablation totale du sein (appelée mastectomie totale ou radicale). Le chirurgien doit également retirer une partie (technique du ganglion-sentinelle) ou la totalité (curage) de la chaine ganglionnaire de l’aisselle, du côté du sein « malade ».

  • La technique du ganglion-sentinelle
    Il s’agit d’une intervention qui consiste à détecter et à retirer le ou les premiers ganglions lymphatiques de l’aisselle. Cela va permettre de vérifier, par examen anatomopathologique, la présence ou non de cellules cancéreuses, d’évaluer l’étendue du cancer et adapter les traitements.
  • Le curage axillaire
    Il s’agit de l’ablation de plus de la moitié des ganglions lymphatiques situés dans une zone définie de l’aisselle (une dizaine de ganglions en moyenne). Cette technique peut entrainer plus de séquelles (gros bras ou lymphœdème, douleurs) et n’est donc réalisée que lorsque la technique “ganglion-sentinelle” n’est pas réalisable.

LA CHIMIOTHERAPIE

En fonction de la taille et des critères d’agressivité de la tumeur, il est souvent recommandé de réaliser une chimiothérapie. Lorsqu’elle est réalisée avant la chirurgie, on parle de chimiothérapie « néoadjuvante », elle peut alors permettre d’éviter l’ablation totale du sein. Quand elle est réalisée après la chirurgie, on parle de chimiothérapie « adjuvante ».

Les médicaments disponibles sont administrés, le plus souvent, en perfusion intraveineuse :

  • Protocole EC ou AC
  • Docetaxel
  • Paclitaxel

L’un est disponible par voie orale (comprimés) :

  • Capecitabine

LA RADIOTHERAPIE

Ce traitement est habituellement réalisé après chirurgie et chimiothérapie. Il est systématique quand on a fait une chirurgie mammaire conservatrice (tumorectomie ou mastectomie partielle), et il est discuté au cas par cas après mastectomie totale. La radiothérapie consiste à délivrer de petites doses d’irradiation sur la zone opérée et parfois les aires ganglionnaires, en plusieurs séances réparties sur 3 à 6 semaines. Le nombre précis de séances et de semaines est défini par le médecin radiothérapeute après analyse de votre dossier médical et simulation de traitement, sur l’appareil dédié de radiothérapie.

En présence de métastases

LA CHIRURGIE

La chirurgie du sein et des ganglions adjacents n’a pas d’intérêt dans cette situation, car elle ne permet pas de traiter l’ensemble des lésions. Elle peut être discutée au cas par cas, dans certaines situations exceptionnelles.

LA CHIMIOTHERAPIE

Il s’agit du principal traitement, il est utilisé seul ou associé à des thérapies ciblées intraveineuses ou orales.

Les médicaments disponibles sont nombreux :

  • Paclitaxel
  • Docetaxel
  • Capecitabine
  • Eribuline
  • Gemcitabine
  • Vinorelbine

LES NOUVEAUX MEDICAMENTS

En 2022, seules quelques molécules sont utilisées de façon standard et sous certaines conditions – selon les traitements que vous avez reçus antérieurement, selon les anomalies moléculaires de votre tumeur. Il existe plusieurs familles de médicament :

  • Immunothérapie :
    Le Pembrolizumab est le seul médicament de cette famille à être utilisé pour traiter le cancer du sein. Il est indiqué après analyse de l’anomalie PD-1 sur les cellules cancéreuses.
  • Thérapies ciblées :
    Soit Bevacizumab, une thérapie ciblée intraveineuse “anti-angiogénique” (agit en réduisant le développement des vaisseaux sanguins qui nourrissent la tumeur),
    Soit Talazoparib, ou Olaparib, thérapies ciblées orales de type “inhibiteurs de PARP” (agissent en empêchant les cellules cancéreuses de se réparer, entrainant ainsi leur destruction) en cas d’anomalie BRCA1/2.
    BRCA1 et BRCA2 désignent des gènes présents normalement dans l’organisme; s’ils deviennent anormaux (mutation), ils ne fonctionnent plus ce qui impactent le développement du cancer du sein.
  • Anticorps-médicament conjugue (ADC) :
    Le Sacituzumab-Govitecan, plus connu sous le nom de Trodelvy, en fait partie. Il peut être disponible par un dispositif d’accès précoce, pour les patients ayant déjà reçu au moins une chimiothérapie auparavant.

LA RADIOTHERAPIE

Elle peut être utilisée, pour soulager certains symptômes liés à la localisation des métastases.

Les essais thérapeutiques

Les progrès dans le domaine de la connaissance de la maladie et des traitements, ont amélioré considérablement le pronostic de la maladie. Votre médecin peut vous proposer de participer à un essai thérapeutique, lorsqu’un médicament ou une technique innovants semblent adaptés à votre situation, et avant même qu’ils ne soient disponibles en routine.

Le choix de ces traitements est discuté et validé en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP), en fonction de la spécificité de la maladie de chaque patiente.
C’est la médecine personnalisée.

Les soins oncologiques de support

En situation curative ou métastatique, les soins oncologiques de support vont permettre d’améliorer votre qualité de vie et de soulager les effets secondaires du traitement. En situation curative, ils peuvent améliorer vos chances de guérison.

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