Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Il représente ¼ des cancers masculins.
De nombreux traitements permettent désormais de mieux contrôler la maladie et d’améliorer la survie des patients. Parmi eux, l’hormonothérapie occupe une place essentielle.
Même si ce traitement est efficace, il peut aussi parfois entrainer des effets secondaires affectant le quotidien et la qualité de vie. C’est dans ce contexte qu’est née l’étude « IMPAPRO ».
Qu’est-ce que l’hormonothérapie ?
Le cancer de la prostate se développe sous l’effet des hormones masculines, principalement la testostérone. L’hormonothérapie vise à bloquer l’action de ces hormones, soit en diminuant leur production soit en bloquant leur effet sur les cellules cancéreuses.
Ce traitement s’accompagne parfois d’effets secondaires qui peuvent être difficiles à vivre : fatigue, bouffées de chaleur, douleurs articulaires, prise de poids, troubles de l’humeur, diminution de la libido, modification de l’image corporelle…
Ces modifications corporelles peuvent avoir des conséquences également psychologiques et impacter la suite de prise en charge.
L’objectif de l’étude IMPAPRO
L’étude IMPAPRO a pour objectif principal d’évaluer l’impact d’un parcours de suivi personnalisé centré sur le vécu corporel et émotionnel des patients traités par hormonothérapie pour un cancer de la prostate.
L’étude cherche à savoir si un accompagnement renforcé permet : de mieux gérer les effets secondaires, de soutenir le moral et l’image de soi et favoriser une meilleure adhésion au traitement.
A terme cette étude pourrait permettre un meilleur accompagnement du patient pendant son traitement, en prenant notamment en compte le vécu corporel et psychologique de celui-ci.
Un accompagnement mis en place
Le Centre Baclesse a développé un parcours d’accompagnement dédié aux patients recevant une hormonothérapie. Ce dispositif repose sur une prise en charge pluridisciplinaire impliquant plusieurs professionnels de santé.
L’étude IMPAPRO évalue l’intérêt d’un suivi infirmier personnalisé supplémentaire pendant 12 mois, en plus du suivi habituel.
Une prise en charge globale dès le début du traitement
Dès le début de l’hormonothérapie, les patients rencontrent plusieurs professionnels pour bénéficier d’un accompagnement complet.
L’oncologue : il prescrit le traitement, assure le suivi médical et oriente vers d’autres spécialistes si besoin.
Le/la diéteticien(ne) et professeur(e) en APA (Activité Physique Adaptée) : il donne des conseils sur l’activité physique, l’alimentation et l’hygiène de vie.
L’infirmier(ère) de parcours : il explique le traitement, informe sur les effets secondaires, suit les examens et évalue les besoins du patient. Les différents aspects traités sont : douleur, sommeil, alimentation, activité physique, santé psychologique, sexualité…
L’infirmier(ère) spécialisé(e) en oncosexualité ou stomathérapie : il aborde les questions liées à la sexualité et aux troubles urinaires.
Ce que les participants reçoivent en plus
Les patients bénéficiant du suivi personnalisé sont accompagnés pendant un an grâce à des contacts réguliers avec l’équipe soignante.
Un premier échange téléphonique est prévu afin de vérifier la bonne compréhension du traitement, faire le point sur les éventuels effets secondaires et revoir les conseils donnés si nécessaire.
Une seconde rencontre est ensuite organisée avec l’intervention de plusieurs professionnels de santé, selon les besoins identifiés pour le patient, afin d’assurer un accompagnement personnalisé des patients et de leurs proches dans les changements du quotidien.
Des questionnaires pour évaluer la qualité de vie
Tous les participants remplissent des questionnaires au début du traitement, puis à 1, 3, 6 et 12 mois.
Ils permettent d’évaluer plusieurs aspects importants comme la qualité de vie, l’anxiété, l’image du corps, les effets du cancer au quotidien et le suivi du traitement.
Un essai tourné vers la qualité de vie
Cet essai clinique prévoit d’inclure entre 120 et 140 participants sur une période prévisionnelle de deux ans. Avec IMPAPRO, l’objectif n’est pas seulement de traiter le cancer, mais aussi de mieux accompagner les patients dans toutes les dimensions de sa prise en charge.
Cette étude pourrait permettre de démontrer qu’un suivi humain, régulier et personnalisé aide les patients à mieux vivre leur traitement, à conserver une meilleure qualité de vie et à poursuivre leurs soins dans de meilleures conditions.