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UTOLA-miR : Les microARNs, de nouveaux biomarqueurs pour mieux cibler le traitement des cancers avancés de l’endomètre

9 Juin. 2026

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Utolamir.Centre Baclesse
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Une nouvelle famille de biomarqueurs porteuse d’espoirs pour les cancers avancés de l’endomètre.

Le cancer de l’endomètre est le cancer gynécologique le plus fréquent dans les pays occidentaux. Lorsqu’il est diagnostiqué à un stade avancé ou lorsqu’il récidive, sa prise en charge reste difficile et son pronostic sombre. Ces dernières années, les traitements se sont enrichis de nouvelles approches, notamment les thérapies ciblées et l’immunothérapie. Mais un enjeu majeur demeure : identifier quelles patientes ont le plus de chances de bénéficier de chacun de ces traitements innovants.

C’est précisément l’objectif poursuivi par les chercheurs de l’unité Inserm U1086 Anticipe, avec le soutien du Centre Baclesse, dans ce projet de recherche. Ce projet s’intéresse à un microARN, c’est-à-dire une petite molécule naturellement présente dans les cellules et capable de réguler l’activité de nombreux gènes. Les microARNs jouent un rôle important dans le fonctionnement des cellules cancéreuses, notamment dans leur capacité à réparer les dommages de l’ADN. Cette propriété en fait des candidats intéressants pour mieux comprendre la sensibilité ou la résistance à certains traitements ciblés.

Des résultats prometteurs obtenus à partir d’un essai clinique national et piloté par le Centre Baclesse

Le projet s’appuie sur l’essai clinique UTOLA, une étude nationale coordonnée par le Pr Florence Joly, directrice scientifique du Centre Baclesse, avec une trentaine de médecins français et le groupe coopératif GINECO. Cet essai concernait des patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre avancé ou métastatique, c’est-à-dire un cancer déjà étendu ou ayant rechuté. Après leur chimiothérapie, les patientes recevaient soit un médicament appelé olaparib, soit un placebo. L’olaparib est un traitement ciblé déjà utilisé dans certains cancers. Son principe est de gêner la capacité des cellules cancéreuses à réparer leur ADN. Or, les cellules tumorales accumulent souvent des erreurs dans leur ADN et dépendent parfois fortement de ces mécanismes de réparation pour continuer à survivre. Lorsqu’une tumeur présente certaines fragilités, bloquer ces réparations peut donc rendre le traitement plus efficace.

Dans l’ensemble des patientes de l’essai UTOLA, l’olaparib n’a pas permis de ralentir clairement la progression de la maladie. Mais les chercheurs ont observé que toutes les tumeurs ne réagissaient pas de la même façon. Certaines semblaient plus sensibles au traitement, en particulier celles présentant une anomalie de p53. Cette protéine p53 joue habituellement un rôle de protection contre le développement des cancers. Lorsqu’elle est anormale, la tumeur est souvent plus agressive et son pronostic plus défavorable.

L’équipe de recherche a alors cherché à mieux comprendre pourquoi certaines patientes pouvaient bénéficier de l’olaparib. Pour cela, elle a analysé des molécules appelées microARN directement dans les échantillons de tumeurs disponibles. Les microARN sont de petits régulateurs du fonctionnement des cellules. Ils peuvent influencer la façon dont une tumeur se développe, répare son ADN ou répond à un traitement. Au total, 107 tumeurs issues de l’essai UTOLA ont été étudiées. Les premiers résultats, présentés au congrès européen ESGO 2026, suggèrent qu’un microARN présent dans les tumeurs pourrait aider à repérer les patientes les plus susceptibles de bénéficier de l’olaparib. Ce signal était surtout observé chez les patientes dont la tumeur présentait une anomalie de p53 et un faible niveau de ce microARN. Chez ces patientes, la maladie progressait moins rapidement sous olaparib que sous placebo. En revanche, ce bénéfice n’était pas observé chez les patientes sans anomalie de p53, ni chez celles dont la tumeur exprimait fortement ce microARN.

Des perspectives pour la valorisation de la recherche et pour la survie des patientes

L’originalité de ce projet réside dans le type de biomarqueur étudié. Les recherches sur les inhibiteurs de PARP se concentrent souvent sur des altérations génétiques ou sur des signatures complexes de réparation de l’ADN. Ici, l’équipe exploite le potentiel d’un microARN qui régule l’expression des gènes impliqués dans la réparation de l’ADN, comme indicateur potentiel de réponse au traitement. Cette approche pourrait enrichir les outils disponibles pour mieux comprendre les cancers de l’endomètre afin de guider les décisions thérapeutiques. Les résultats issus de ce projet devraient par ailleurs permettre une valorisation importante, articulée autour d’un dépôt de brevet et de publications scientifiques dans des revues de premier rang.

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