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Cancer du sein : la perte de cheveux n’est plus une fatalité

1 Déc. 2022

Innovation
Infirmiers et médecin de l'étude ICELAND
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Une équipe infirmière de Baclesse va lancer la première étude au monde comparant deux techniques de prévention de la chute de cheveux par refroidissement du cuir chevelu pour déterminer laquelle est la plus efficace.

Chute des cheveux : Pourquoi ?

Le cancer du sein concerne plus de 2 millions de patientes dans le monde, il s’agit du cancer féminin le plus fréquent y compris en France (près de 60000 nouveaux cancers diagnostiqués/an).

Les traitements par chimiothérapies utilisés dans le cancer du sein peuvent provoquer certains effets indésirables. L’alopécie chimio-induite (ACI) ou perte des cheveux, fait partie de ces effets indésirables quasi systématique sans dispositif de prévention de chute de cheveux. Elle est dans la majeure partie des cas temporaire, mais peut perdurer dans 10 à 20% des cas.

Pour les patientes et leur entourage, la chute de cheveux est considérée comme un symbole du cancer et parfois le seul signe extérieur de la maladie. De ce fait, la perte des cheveux représente un des effets indésirables de la chimiothérapie les moins bien supportés. Certaines patientes refusent la chimiothérapie pour éviter la perte de cheveux. Elle peut avoir des conséquences psycho-sociales importantes, avec un impact négatif sur l’image de soi et le bien-être psychosocial. La repousse des cheveux débute habituellement 4 à 6 semaines après la dernière cure de chimiothérapie, mais peut être plus lente en cas d’utilisation de certaines molécules, dont celles utilisées dans les chimiothérapies pour un cancer du sein.

Comment y remédier ? Par la réfrigération du cuir chevelu

A l’heure actuelle, seul le refroidissement du cuir chevelu à l’aide de casques réfrigérants pendant les séances de chimiothérapies a démontré une efficacité pour réduire la chute des cheveux.

En effet, le froid a pour effet de resserrer les vaisseaux sanguins du cuir chevelu et de réduire le débit sanguin près les bulbes capillaires pendant et après le traitement. Le médicament va moins circuler autour des racines des cheveux et donc les protéger du traitement. L’utilisation de ces dispositifs de refroidissement est sans danger. Il peut cependant y avoir des effets désagréables comme un mal de tête à cause du froid. Il est conseillé aux patientes d’apporter un vêtement chaud, lorsque le corps est bien au chaud, le froid au niveau du cuir chevelu est mieux supporté.

Le refroidissement du cuir chevelu permet de réduire le risque de perte des cheveux mais également de favoriser une repousse plus précoce et de meilleure qualité. L’application compressive de ces casques permet d’optimiser l’effet vasoconstricteur du refroidissement et la réduction de l’afflux sanguin au niveau du cuir chevelu.

Baclesse lance ICELAND, une recherche en soins sur 2 casques réfrigérants

Dès le début de l’année 2023, le Centre Baclesse, financé dans le cadre d’un programme hospitalier de recherche infirmière et paramédicale, mettra en place une nouvelle étude de recherche en soins visant à comparer deux dispositifs de réfrigération du cuir chevelu utilisés dans la prévention de l’alopécie chimio-induite (ACI) ou perte des cheveux qui intervient lors des traitements par chimiothérapies dans le cancer du sein.

Actuellement, deux techniques de refroidissement du cuir chevelu sont utilisées :

“Casque réfrigérant classique” versus “Casque réfrigérant électrique”

Premièrement, le casque réfrigérant classique est un dispositif remplis de gel et maintenu au froid dans un congélateur (-25°C) avant l’installation sur la tête des patientes, cette technique nécessite plusieurs changements de casque au cours d’une même séance de chimiothérapie (les casques se réchauffant au contact du cuir chevelu).

Deuxièmement, la technique du « scalp cooling » ou casque réfrigérant électrique, se présente sous forme d’un casque avec circulation automatisée d’un liquide de refroidissement toujours à la même température (environ 0°C). La plupart des centres français, dont le Centre François Baclesse, se limite à l’utilisation des casques réfrigérants classique. Ces deux dispositifs ont prouvé une efficacité comparée à une absence de prévention (casques versus absence de casque) dans des essais internationaux.

L’étude ICELAND va comparer ces deux techniques afin de déterminer celle la plus efficace dans la prise en charge de cet effet secondaire. Elle réunira un groupe de 206 patientes sur une durée totale de 36 mois.

Elle étudiera également d’autres questions telles que le niveau de confort de la patiente et du soignant, l’image corporelle, la qualité de vie, le retour au travail et/ou aux activités quotidiennes, le temps soignant et le coût de chaque dispositif.

L’objectif étant de pouvoir proposer aux patientes la technique la plus efficace tout en respectant les contraintes financières d’un établissement de santé. Le casque réfrigérant électrique Paxman® qui sera utilisé dans l’étude, est développé depuis plus de 20 ans et plus de 100 000 patients ont bénéficié de ce dispositif à travers le monde. La société Paxman® est une entreprise familiale britannique. Elle est née suite au cancer du sein traité par chimiothérapie de l’épouse du fondateur, malgré la prévention par un casque réfrigérant classique, elle avait perdu ses cheveux et en avait été traumatisée. Son mari, expert dans les dispositifs de réfrigération (refroidissement pour la bière pression) a eu à cœur de développer un nouveau dispositif.

Cette étude devrait apporter des résultats permettant d’aboutir à des recommandations de bonnes pratiques sur la prévention de perte de cheveux pour les patientes traitées pour un cancer du sein et de déterminer laquelle des 2 techniques est la plus efficace. Elle permettra de répondre à une question jusqu’à maintenant encore peu abordée, mais pourtant essentielle aux patientes.

Au Centre François Baclesse, l’étude ICELAND est mise en place par l’équipe du Parcours de soins Sein, représentée de gauche à droite sur la photo par : Tiphaine LEROUX, Rose-Marie CHARLES et Charlotte DUPONT (infirmières), François GERNIER (coordinateur de la recherche en soins) et le Dr Adeline MOREL (oncologue médicale).

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