Les techniques chirurgicales du cancer du sein évoluent avec un même objectif : assurer la sécurité oncologique tout en limitant, lorsque cela est possible, les conséquences physiques de l’intervention. Depuis juillet 2025, le Centre Baclesse propose à certaines patientes une mastectomie sous-cutanée par voie endoscopique, une technique mini-invasive encore peu pratiquée en France. Dix-huit interventions ont été réalisées à ce jour au Centre.
Une cicatrice déportée et limitée
La mastectomie endoscopique permet de retirer la glande mammaire en conservant la peau, l’aréole et le mamelon. Le chirurgien intervient grâce à une caméra et à des instruments de cœlioscopie introduits par une incision d’environ 4 à 5 cm située sur la partie externe du sein, ce qui permet de déporter et de limiter la cicatrice visible. L’intervention est associée à une reconstruction mammaire immédiate par prothèse.
Initialement proposée à Baclesse dans le cadre de chirurgies prophylactiques, chez des femmes présentant une prédisposition génétique au cancer du sein, cette technique est désormais proposée à certaines patientes atteintes d’un cancer. Elle ne convient cependant pas à toutes les situations : son indication dépend notamment des caractéristiques de la tumeur et de la morphologie du sein.


Une technique supplémentaire pour personnaliser la chirurgie
Cette nouvelle voie d’abord complète les différentes possibilités de chirurgie et de reconstruction mammaire proposées à Baclesse, immédiatement ou secondairement : reconstruction par prothèse, lambeau dorsal – total, partiel ou « mini-dorsal », lipomodelage ou reconstruction par DIEP (Deep Inferior Epigastric Perforator, ou lambeau abdominal, en français).
L’objectif n’est pas de privilégier une technique plutôt qu’une autre, mais de pouvoir proposer à chaque patiente la solution la plus adaptée à sa situation médicale, à sa morphologie et à ses choix.
Une technique prometteuse qui doit encore être évaluée
La mastectomie endoscopique nécessite davantage de temps opératoire et du matériel spécifique. Elle entraîne ainsi un surcoût lié à cette voie d’abord, qui n’est pas pris en charge spécifiquement par l’Assurance Maladie.
Au-delà de son intérêt pour limiter et déporter la cicatrice, plusieurs bénéfices potentiels doivent désormais être évalués : douleur postopératoire, récupération, complications liées à la reconstruction, reprises chirurgicales ou encore qualité du résultat esthétique.
« Nous pensons que cette approche mini-invasive peut apporter un réel bénéfice aux patientes, au-delà de la cicatrice : moins de douleurs après l’intervention, potentiellement moins de complications ou de reprises chirurgicales, et une récupération facilitée. Mais notre rôle est précisément de ne pas nous contenter d’une impression clinique : nous devons le démontrer scientifiquement. C’est pourquoi nous préparons une étude qui comparera cette technique à la chirurgie conventionnelle, en évaluant les résultats chirurgicaux et oncologiques, la douleur, les complications, la satisfaction des patientes et l’impact médico-économique.« , indique le Pr Roman Rouzier, directeur général du Centre Baclesse et chirurgien.
Le Centre Baclesse participe par ailleurs à un registre avec les équipes du Dr Gauthier Rathat, chirurgien gynécologique et mammaire au CHU de Montpellier, précurseur de cette technique en France. En complément, le Centre prépare une étude à partir de ses propres données afin de comparer les résultats de cette nouvelle voie d’abord à ceux des techniques conventionnelles.
L’enjeu est de disposer de données objectives sur ses bénéfices pour les patientes, sa sécurité oncologique et son coût médico-économique, afin de déterminer précisément la place que cette approche pourrait prendre demain dans la chirurgie du cancer du sein.
Activité 2025
| Actes de chirurgie mammaire pour cancer | Nombre |
| Mastectomies partielles/tumorectomies | 855 |
| Mastectomies totales sans reconstruction mammaire immédiate (RMI) | 144 |
| Mastectomies avec RMI prothétique | 174 |
| Mastectomies avec RMI et reconstruction par lambeau abdominal (DIEP) | 19 |
| Mastectomies avec RMI et reconstruction par lambeau dorsal | 13 |
Focus sur la mastectomie endoscopique
La technique est pratiquée au Centre François Baclesse depuis fin juillet 2025.
| Nombre d’interventions | |
| 2025 | 4 |
| 2026, en date du 09/10/2026 | 14 |
| Total depuis juillet 2025 | 18 |
Source : données internes du Centre François Baclesse – extraction du logiciel de programmation des blocs et données PMSI, septembre 2026.
