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Reconstruction mandibulaire avec assistance 3D : une 1ère au Centre François Baclesse

30 Avr. 2021

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Reconstruction mandibulaire avec assistance 3D : une 1ère au Centre François Baclesse
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La reconstruction de la mandibule (mâchoire inférieure) avec une assistance par ordinateur et 3D (trois dimensions) existe depuis plusieurs années. La complexité de l’intervention réalisée au Centre François Baclesse était de reconstruire la mandibule en associant une prothèse en titane à un segment d’os prélevé sur une autre partie du corps. Cette opération, nécessitant la présence de 10 professionnels de santé, et qui a duré plus de 10 heures, a eu lieu le 30 mars 2021. Explications.

Dans quelles circonstances fait-on appel à de la chirurgie réparatrice de la mâchoire ?

La chirurgie maxillo-faciale, dont l’une des composante est la reconstruction du visage, peut intervenir suite à un traumatisme (blessure par balle, accidents de la route, etc.) ou majoritairement, suite à la survenue d’un cancer.Au Centre François Baclesse, les patients qui bénéficient de cette intervention présentent :

  • soit un cancer de la mandibule, nécessitant de retirer par chirurgie la tumeur et l’os de la mâchoire à son contact,
  • soit des séquelles au niveau de la mâchoire, suite aux traitements de leur cancer. Selon l’avancée de la séquelle, une chirurgie visant à retirer la portion malade de la mandibule doit être pratiquée.
    Dans ces situations, la reconstruction de la mandibule a pour objectif la restitution d’une architecture osseuse, afin de conserver toutes les fonctions liées à la mâchoire : alimentation, respiration, parole… A ce jour, la technique principale de reconstruction consiste à réaliser un transfert osseux prélevé sur une autre partie du corps « donneuse » du patient.

Comment reconstruire la mandibule après un cancer ?

Les techniques de reconstruction en chirurgicale maxillo-faciale ont particulièrement progressé depuis la guerre de 1914-1918 avec ses fameuses « gueules cassées », pour lesquelles il fallait trouver une solution de reconstruction leur permettant un retour à une vie plus « normale ».

Longtemps la chirurgie est restée très artisanale, les mains et l’œil du chirurgien étant les seuls éléments disponibles pour jauger les besoins. L’arrivée des nouvelles technologies d’assistance par ordinateur et notamment les possibilités de modéliser la mâchoire du patient en 3D permettent au chirurgien une meilleure visualisation des traits de coupe et du positionnement des greffons.

Pour reconstruire la mandibule, qui définit le contour inférieur du visage, on peut prélever un segment d’os de la jambe ou de l’omoplate (sans conséquence fonctionnelle importante pour le membre prélevé). Puis le greffon prélevé est disposé au niveau de la zone à reconstruire.

Avant l’intervention, le patient réalise des examens d’imagerie qui permettent de modéliser en 3D les parties du corps qui seront opérées.

A partir de cette modélisation, et après avoir défini la zone de la mâchoire à retirer, le chirurgien et l’ingénieur biomédical simulent la reconstitution de la mandibule par l’os de la jambe. Des guides de coupe, imprimés en 3D, sont élaborés afin d’assurer une section osseuse précise tant au niveau de la mandibule, qu’au niveau de l’os du péroné. Afin d’assurer une solidité de la reconstruction osseuse, des plaques en titane imprimées également en 3D sont fixées et vissées.

Guides de coupe imprimés en 3D

Classiquement ces plaques sont disposées et modélisées manuellement. Dans le cas précis de ce patient, sa mandibule était à reconstruire dans sa quasi-totalité et le prélèvement de son péroné ne suffisait pas à reconstruire sa mâchoire. L’équipe chirurgicale a dû, en plus de la reconstruction osseuse, y ajouter une prothèse. C’est cette double composition (prothèse + os) qui majore la difficulté de cette première intervention au Centre François Baclesse.

La chirurgie de l’os prélevé se fait en même temps que celle de la mandibule. Les chirurgiens à l’œuvre effectuent un très délicat et minutieux travail d’orfèvre pour connecter les vaisseaux sanguins. C’est de la microchirurgie avec micro-sutures des vaisseaux. La réalisation d’une autogreffe présente l’avantage de ne pas entraîner de rejet du greffon.

La prise en charge de la douleur est anticipée. Le patient, lors de son intervention est sous anesthésie générale. Le médecin anesthésiste effectue également des anesthésies locorégionales, dans cette situation la jambe et le bas du visage. L’anesthésie locorégionale dure plus longtemps que l’anesthésie générale et permet de réduire la douleur post-opératoire.

Les avantages de l’assistance 3D

En plus des études scientifiques déjà en faveur de cette avancée, d’autres études cherchent à confirmer la plus-value de la chirurgie assistée par ordinateur. Nos chirurgiens peuvent déjà témoigner que cette technique permet :

  • Des meilleurs résultats fonctionnels et esthétiques,
  • Moins de complications, en partie grâce au temps opératoire qui est réduit.

Le surcoût lié à cette technique innovante, de l’ordre de 2 500€ par patient et non remboursé par l’assurance maladie, est entièrement pris en charge par le Centre François Baclesse, dans le cadre de sa politique d’égalité d’accès aux soins d’excellence sans dépassement d’honoraires ni reste à charge pour toutes et pour tous sans distinction.

Une équipe pluridisciplinaire de 10 personnes à l’œuvre

On cite souvent le chirurgien comme chef d’orchestre de cette longue et délicate opération, mais il a travaillé pour cette première avec une équipe pluridisciplinaire de 10 professionnels :

  • 2 ingénieurs biomédicaux
  • 1 infirmier anesthésiste
  • 1 médecin anesthésiste
  • 2 chirurgiens
  • 2 instrumentistes
  • 1 interne en chirurgie
  • 1 infirmier circulant

Le Dr Julien DROUET, chirurgien maxillo-facial au Centre François Baclesse, a été formé à Caen et a complété sa formation pendant 6 mois en Suisse au Centre Hospitalo-Universitaire de Lausanne pour approfondir ses connaissances sur la chirurgie assistée par ordinateur. Il a été à la tête de l’opération du 30 mars.

Le Dr Audrey LASNE-CARDON, chirurgien ORL et cervico-facial a également participé à l’opération du 30 mars.

Une amélioration de la qualité de vie après l’opération

Entre 10 et 15 jours après l’opération, le patient s’alimente à nouveau par voie orale. Il bénéficiera par la suite d’une prothèse dentaire, stabilisée par des implants. Cette nouvelle architecture mandibulaire, assurant la mastication, lui permettra de récupérer ses fonctions orales, un confort et une esthétique améliorés.
Le patient pourra reposer le pied dès le lendemain de l’intervention et retrouvera une activité normale entre 3 et 6 mois après l’intervention.

Le Centre François Baclesse peut soigner 4 à 5 patients par an avec cette technique. Il serait envisageable de proposer ce soin à davantage de personnes, sous réserve de lever suffisamment de fonds, via les dons. Vous pouvez adresser vos dons à dons.baclesse.fr

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