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Le bâtiment de Baclesse souffle ses 50 bougies

9 Oct. 2023

Inauguration
Fresque sur la bâtiment du Centre François Baclesse de Caen
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À l’occasion des 50 ans du bâtiment du Centre Baclesse, une fresque gigantesque a été inaugurée, le 14 septembre 2023. Un hommage a été rendu au Pr Jacques-Séverin ABBATUCCI, qui a dirigé le Centre pendant 18 ans : l’amphithéâtre portera désormais son nom.

Plusieurs personnalités ont souhaité s’exprimer sur la place historique que tient le Centre Baclesse en Normandie :

  • Le Pr Roman ROUZIER, directeur général du Centre
  • M. Séverin ABBATUCCI, fils du Pr Jacques-Séverin ABBATUCCI
  • L’artiste SoLiCe, graffeur ayant réalisé la fresque à 32 mètres de haut
  • M. Thomas DEROCHE, directeur général de l’Agence Régionale de Santé de Normandie
  • M. Stéphane BREDIN, Préfet de Région

Histoire du bâtiment

En 2023, le bâtiment du Centre Baclesse fête ses 50 ans, et en 2025, ce sera le centenaire de la lutte contre le cancer à Caen. En effet, la première patiente traitée par radiothérapie à Caen, l’a été en 1925.

En 1925, le Préfet du Calvados approuve le règlement intérieur du Centre Anticancéreux de Caen (C.A.C.), créé la même année, sur décision du Ministre de la Santé publique Paul Strauss, qui souhaitait avoir un C.A.C. dans chaque grande ville universitaire de France. En pratique, le C.A.C. est alors organisé comme un service spécialisé du Centre Hospitalier Régional Clémenceau et est installé dans le Pavillon 2. Il fonctionne administrativement et médicalement grâce au personnel hospitalier. Le médecin directeur et les médecins spécialistes s’occupent du C.A.C. en plus de leur service à l’hôpital.

Pavillon 2 - Centre Baclesse
Pavillon 2 du Centre Hospitalier Régional Clémenceau

En septembre 1939, le Pavillon 2 est réquisitionné par l’armée et à la fin de la guerre, délabré, il est inutilisable, une véritable remise à neuf est nécessaire.

Ce n’est qu’en 1952 que le C.A.C. de Caen reprend possession progressivement de ses locaux du Pavillon 2, sous la direction du Dr Pierre Jacob. Il traite alors 203 nouveaux malades avec un petit appareil de radiothérapie classique, et 400 mg de Radium, dont 200 mg confiés par l’Université, qui les avaient reçus en don de la Belgique. En décembre 1952, grâce à une subvention du ministère de la Santé publique, le Centre peut dès lors installer un nouvel appareil de radiothérapie de contact. Le Pavillon 2, remis à neuf par l’administration hospitalière, compte 50 lits répartis dans 10 chambres.

Entre temps, en 1945, le Général De Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République, signe une ordonnance définissant l’organisation des Centres régionaux de lutte contre le cancer. L’ordonnance pose les bases de l’organisation des centres de lutte contre le cancer :

  • Etablissements privés à but non lucratif
  • Participant au service public
  • Pouvant recevoir des dons et legs pour financer leur recherche et développement
  • Le conseil d’administration est présidé par le Préfet de Région.
  • Le directeur est nommé par le ministre de la Santé.

En 1955, le C.A.C. obtient une subvention de la Sécurité sociale, pour acquérir un nouvel appareil de radiothérapie permettant de réaliser de la cyclothérapie et de la radiothérapie orthocinétique, deux techniques des plus récentes. L’activité médicale augmente et le C.A.C. est rapidement confronté à un manque de locaux et de lits. Des projets ont émergé entre 1952 et 1959 pour régler la question, mais ils ne verront pas le jour pour des raisons majeures comme la reconstruction de l’ensemble de la ville de Caen et la pénurie des hôpitaux eux‐mêmes tant en locaux qu’en terrains.

1956 : le C.A.C. compte un nouveau médecin initié à la radiothérapie moderne et qui va introduire à Caen le traitement par Cobalt : le Dr Jacques‐Séverin Abbatucci.

1964 : le cap des 1 000 nouveaux malades est dépassé dans le C.A.C de Caen, avant ceux de Bordeaux et de Nantes, et immédiatement après celui de Marseille. C’est alors que des baraquements provisoires en bois sont installés près du Pavillon 2 pour abriter les consultations et les services administratifs afin de libérer le rez‐de‐chaussée du pavillon pour des lits supplémentaires.

1970 : le C.A.C devient Centre François Baclesse, avec 111 lits, 150 employés et 20 médecins, dont 12 à temps plein. L’énergie de tous tend vers la réalisation d’un nouveau centre, sous le contrôle d’un nouveau médecin directeur, qui se trouve être le médecin le plus ancien et le plus expérimenté de l’établissement : le Dr Abbatucci.

Bâtiment du Centre François Baclesse en 1973
Nouveau bâtiment du Centre François Baclesse en 1973

1973 : le nouveau bâtiment du Centre construit en 2 ans, ouvre sur le plateau hospitalier, rue de Lébisey à Caen, à côté du CHU de Caen. Le nouveau centre traite 2 300 malades, compte 525 employés, dont 40 médecins et 279 lits, avec un important plateau technique lui donnant toutes les possibilités dediagnostic et de traitement. Il sera inauguré en 1975 par la Ministre de la santé, Mme Simone VEIL, en présence du directeur du Centre François Baclesse, le Pr ABBATUCCI.

Activité au 31 décembre 1973 :

  • 279 lits d’hospitalisation répartis en chambres à 1 et 2 lits
  • Consultations externes organisées en 6 Comités
  • 2 340 nouveaux malades
  • 439 salariés

Hommage à ABBATUCCI

Portait du Pr Jacques-Séverin Abbatucci - Baclesse
Pr Jacques-Séverin Abbatucci

Cet anniversaire est également l’occasion de rendre hommage au Pr Jacques-Séverin Abbatucci.

Le professeur Jacques-Séverin ABBATUCCI a dirigé le Centre Baclesse de 1970 à 1988. Il nous a quittés en 2020. Les personnes qui l’ont bien connu à Caen gardent le souvenir d’un homme d’une grande modernité et d’une grande hauteur de vue.

En 1956, Jacques-Séverin Abbatucci a été engagé en qualité de médecin radiothérapeute par le Docteur Jacob, qui dirigeait alors le Centre anticancéreux de Basse-Normandie.

Avec une équipe de pionniers comme les docteurs Quint, Bloquel, Roussel et Delozier, il a publié un véritable mémento pour tous les radiothérapeutes francophones, ouvrage d’ailleurs surnommé « Le ABBATUCCI ». Il y a eu bien sûr de nombreuses autres publications et participations à des échanges nationaux et internationaux.

Le Pr Jacques-Séverin ABBATUCCI était visionnaire. Le Centre Baclesse lui doit notamment l’organisation médicale composée de comités pluridisciplinaires, qui deviendront obligatoires en cancérologie, 30 ans plus tard. Il a également impulsé une politique d’accueil et de prise en charge globale du malade, avec dès 1975, la création de soins de support incluant le service social, précurseur et mis en place deux ans auparavant, les services diététique, orthophonie, soins palliatifs et douleur… Sa passion pour l’innovation l’avait naturellement conduit à investir très tôt le champ de l’informatique ce qui a permis au Centre François Baclesse d’être l’un des premiers hôpitaux à informatiser un dossier médical partagé, dès 1985 !

Amphithéâtre du Centre Baclesse renommé "Abbatucci"
Plaque « Amphithéâtre Jacques-Séverin Abbatucci »

Toute sa vie, il a cherché à préserver l’impératif humain. C’est cette volonté là que le personnel du Centre a voulu saluer en nommant l’amphithéâtre « Amphithéâtre Jacques-Séverin Abbatucci ».

Projet à venir et un nouveau bâtiment de recherche

Fresque sur la bâtiment du Centre François Baclesse de Caen
Fresque sur la façade du bâtiment du Centre Baclesse

Ce bâtiment a 50 ans et le Centre a voulu lui redonner une visibilité, et une singularité pour les années à venir. Il a fait appel à un artiste graffeur, SoLiCe pour réaliser une fresque gigantesque sur la façade Sud du bâtiment. Il s’agit de la plus haute fresque de Normandie ! On peut y lire l’accompagnement, la recherche, l’humanisme, les soins, l’espoir. Mais tout à chacun peut en faire sa propre lecture.

C’est avec une pluralité d’acteurs que le cancer sera vaincu, avec l’université, avec le CHU de Caen, les hôpitaux du territoire, et avec le soutien des tutelles. Les défis en santé publique sont importants : le cancer est la première cause de mortalité prématurée en France. Un homme sur 2 aura un cancer dans sa vie et une femme sur 3. La Normandie a une surmortalité par cancer de 6% par rapport à la moyenne nationale. Le travail sur le territoire est important, la surmortalité par maladies cardio-vasculaires est de 10 à 20%. Le Centre a la volonté de renforcer les dynamiques partenariales et territoriales avec une approche holistique de la prévention au service des concitoyens.

Aujourd’hui, le Centre Baclesse a aussi des projets d’envergure avec le projet d’un nouveau bâtiment de recherche intégrée. L’activité de soin progresse chaque année, et il en est de même de l’activité de recherche. Les chercheurs sont à l’étroit dans les locaux actuels. Les automates de repiquage d’organoïdes, les laboratoires, les séquenceurs ADN, la biothèque et la tumorothèque, prennent de plus en plus d’espace, et c’est tant mieux pour l’avenir de la recherche.

Aujourd’hui le Centre Baclesse c’est…

Le Centre de lutte contre le cancer (CLCC) François Baclesse est un établissement de santé privé d’intérêt collectif (ESPIC) à but non lucratif, relevant du service public hospitalier et assurant une prise en charge globale des patients atteints de cancer, sans reste à charge ni dépassement d’honoraires. Comme les 18 autres CLCC du réseau Unicancer, Baclesse réalise une triple mission hospitalo-universitaire de service public : le soin, l’enseignement et la recherche.

Certifié A par la Haute autorité de Santé, soit le plus haut niveau de certification, labellisé CLIP² par l’institut National du Cancer, seul centre en Normandie habilité pour les essais cliniques de phases précoces, et accrédité au niveau européen « Comprehensive Cancer Centre » par l’OECI, le Centre propose une prise en charge d’excellence des cancers sur le territoire normand. Il a également été classé par le magazine Newsweek parmi les 100 meilleurs hôpitaux du monde pour la prise en charge des cancers.

Plus de 27 000 patients sont pris en charge chaque année, sur toutes les pathologies cancéreuses. À la pointe de l’innovation, et basé sur une organisation multidisciplinaire centrée sur le patient, Baclesse dispose d’un plateau technique de radiothérapie parmi les plus complets de France, qui figure parmi les trois seuls établissements du pays à disposer d’un accélérateur de protonthérapie.

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Le Pr Jacques‐Séverin Abbatucci – Biographie Sommaire Une vague rose à Jullouville
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